25 millions de visages

Mumbai est une fourmilière immense et débordante qui, à elle seule, représente les réalités les plus extrêmes de la condition humaine et j’ai osé penser que ce serait simple d’y faire de la photo puisqu’il y a tellement de situations et de gens intéressants à photographier, mais rien n’en fût ainsi. J’ai voyagé un peu partout dans ma vie, mais jamais je n’avais fait face, avec autant de transparence, au fait que je suis un touriste blanc avec à la main un appareil témoignant de ma classe sociale, qui est ici une minorité. J’aime photographier les visages qui portent en eux des rêves, de l’espoir, des visages qui sont témoins d’un parcours unique. J’ai cherché à trouver quelle serait la meilleure attitude à adopter pour photographier ces gens sans ressentir le malaise qui en ressort des deux côtés… Certaines photos ont engagé des discussions avec le sujet, d’autres ont été prises discrètement et certaines ont provoqué des frustrations. Pour faire une histoire courte et laisser les images parler d’elles-même, je crois qu’on se sentira toujours un peu mal et qu’en quelque sorte c’est bien parce que ça nous fait réaliser constamment à quel point on est chanceux et privilégié d’être né dans des conditions de vie décentes.

Barbier Indien
Femme indienne qui vend des fleurs